Gestes
Viewer Discretion is Advised
Details
  • Dates2006 and Ongoing
  • ExhibitionsAvril-juillet 2012 Lumière noire Exposition personnelle au Musée d'histoire de la Médecine, Paris - Juin 2008 Eponymous Exposition BCCKolectiev, avenue Louise, Bruxelles - Juin 2007 Gestes Exposition collective de fin d’année à l’Abbaye de La Cambre, Bruxelles
  • PrintTirage argentique Lambda Brillant Kodak, 60X90 cm, collage sur dibond, plastification matte
This Work

Il est une forme d’art dans l’acte chirurgical.
Le processus de reconstruction de l’image d’une personne par la réparation du corps est le même que celui mis en place lors de la réalisation de ces prises de vues.
Après avoir explorées par la photographie certaines pratiques de modifications corporelles comme le tatouage, le piercing, les scarifications, et le branding, je me suis intéressée à une autre forme de rapport au corps, la chirurgie.
Je photographie des personnes lors d’opérations chirurgicales. La perception des corps et des visages est altérée par l’intervention chirurgicale, altération renforcée elle-même par l’intervention photographique.
Cette démarche se caractérise par la volonté d’aller au-delà du visible, de dépasser la surface de la peau comme surface infranchissable.
La zone opérée se retrouve isolée dans l’image, cernée de noir, dénaturée. La carnation précise rend presque palpable le corps du patient.
Par ces images, je cherche à interroger les limites du montrable. La frontière du regardable est atteinte quand les peurs sont exhumées. Les peurs du spectateur autant que les miennes sont questionnées. Certaines limites ne sont pas franchies : pas de seringue pénétrant le corps, pas de scalpel tranchant la chair.
La manière de traiter la lumière, de théâtraliser la scène, d’isoler le sujet dans une composition harmonieuse, rappellent les tableaux caravagesques.
La théâtralisation mise en place permet de s’éloigner du sensationnalisme mais provoque paradoxalement une certaine dramatisation.
Ces photographies prises sur le vif ont perdu leur coté documentaire mais n’en sont pas moins le témoignage d’une réalité.
Les images qui peuvent sembler violentes laissent place à de nombreux paradoxes : l’attirance et la fascination cohabitent avec la peur et la répulsion, la beauté d’un corps meurtri, la violence qui peut se dégager d’un acte positif comme une opération de reconstruction, la perte d’humanité quand l’être ne semble plus être que chair.