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Candice Cellier - Photographe

Itinéraire

Itinéraire
L’enseignement secondaire catholique coïncidant avec la découverte de mon goût pour l’image, marquera l’entièreté de mes recherches photographiques.
Aux recherches graphiques en noir et blanc, succèdent rapidement des images dont l’humain devient le principal sujet.
S’ensuit l’enseignement supérieur avec une licence en histoire de l’art. L’ensemble de ce cursus amènera des thèmes primordiaux dont la question de la relation de l’homme au monde, au sacré, et celle de sa propre représentation. Ces thèmes deviendront le fondement de mes préoccupations photographiques.
Dans le même temps, la réalisation de nombreux portraits de mes condisciples me permet d’affiner mon regard sur la représentation de l’humain.
Après l’obtention d’une licence en administration publique, une formation dans une école de photographie m’apparaît alors comme évidente.
À La Cambre Bruxelles en 2005, le travail en atelier de photographie me permet d’approfondir mes recherches antérieures centrées sur l’humain (portraits croisés d’un tatoueur et d’une pierceuse dans leur quotidien), tout en amorçant l’intégration de références à l’histoire de l’art au travers de mes photographies ( Ophélie, After Friedrich ).
En 2006, une rencontre fortuite va être déterminante : une infirmière m’ayant ouvert l’accès aux blocs opératoires. Les recherches sur le corps, ses transformations, son existence par-delà la peau prend alors tout son sens. Un premier axe de travail ( Gestes ) porte sur le geste chirurgical et le ballet que forment toutes les mains autour du corps opéré. Une approche picturale évacue presque l’aspect documentaire.
Progressivement, mon regard se porte sur le moment où les mains sont absentes. ( Nature morte )
Images entre natures mortes et icônes, entre fascination et répulsion, dans une tentative de dévoiler ce qui nous constitue. L’intérêt scientifique et le caractère éminemment esthétique de ces fragments d’humains reflètent une partie de ma démarche.
En 2009, mon champ de prise de vue s’étend à des images où le corps n’est plus envisagé dans ses constituants mais en tant que forme, à la fois sculpture et pièce d’un puzzle improbable, dans une vision fragmentaire et ambiguë de l’humain, où la vie côtoie la mort. ( Miroirs )
Le corps par ce processus devient objet : objet de plaisir, objet de soumission, objet de dépravation, objet de chair, d’os.
Cette « collection » complexe d’images du corps humain m’amène alors vers un travail qui se situe à l’inverse dans un type de représentation dont l’humain, excepté au travers de son empreinte, est totalement exclu. Une série prend pour sujet des constructions, des éléments d’architecture rencontrés en ville ou dans ses abords. ( Paysages, Architectures ) Tellement ancrés dans le quotidien, qu’ils disparaissent du regard. Éléments fabriqués par l’homme, dont l’utilité première nous échappe, ils laissent place à une forme esthétisée, où l’objet, tout comme le corps, est façonné par la lumière.

Les photographies présentées ici s’essayent à montrer à la fois ce qui est mis en lumière, en représentation, et ce qui est encore souvent considéré comme immontrable, là où le regard n’est en tout cas pas accoutumé à se porter. Les structures et les corps sont littéralement exposés, réinterprétés par la photographie jusqu’à créer l’ambiguïté entre le vrai et le faux.



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